La sucrerie-école

Ainsi, à chaque printemps, un groupe d’hommes venaient suivre ce cours pratique donné par Monsieur Luc J.A. Dupuis. Monsieur Dupuis enseignait les rudiments de l’acériculture, tout en  exploitant son érablière. Les élèves vivaient pleinement toute cette saison, avec Monsieur Dupuis, qui les logeait et les nourrissait, en plus de les instruire. La majorité des élèves suivaient le cours en vue de travailler plus tard, pour le Ministère de l’Agriculture, dans le domaine de l’acériculture.

Enfin, le Ministère de l’agriculture y effectuait diverses expériences touchant autant la culture de nos érablières, que l’étude de la qualité et de la quantité du produit à obtenir. Le Ministère envoyait, chaque printemps, des fonctionnaires pour procéder à ces expériences. En 1927, Monsieur Adalbert Francoeur acheta cette érablière. Au printemps 1937 se donnèrent les derniers cours à cette sucrerie ».(Extrait de L’album souvenir du 125 ème de Ste-Louise)

Aujourd’hui l’érablière est exploitée par un particulier.

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«L’origine des sucres

La plupart des historiens s’accordent à dire que ce sont les indiens qui ont appris aux colons l’art de faire bouillir l’eau d’érable, comme le raconte la légende de NoKomis.

Mais ce n’est que vers la fin du XVIIe siècle, après avoir perfectionné la technique, qu’ils se mirent à fabriquer le sucre d’érable.

A mesure que les seigneuries et villages se développaient, les besoins en sucre augmentaient. Pour les habitants des campagnes, cette denrée essentielle devait être développée sur place, puisqu’ils avaient, l’éloignement aidant, à s’auto-suffire.

Le colon pouvait produire, pour la consommation annuelle de sa famille, jusqu’à 100 livres de sucre et une dizaine de gallons de sirop.

Naissance de l’acériculture.

Au XIXe siècle, malgré les difficultés de commercialisation, l’industrie prit son essor. De vieilles statistiques nous disent qu’en 1851, le Québec fournit 13,5 millions de livres de sirop et qu’en 1890, on en était à 22 millions. Notons qu’à cette époque, 65% du total du sirop recueilli était transformé en sucre pour la vente.

L’érable à sucre couvre tout le nord-est de l’Amérique du Nord.

Mais n’allez pas croire que nous sommes les seuls à posséder l’érable à sucre. Au contraire, cette espèce est largement répandue sur tout le plateau appalachien, depuis la Georgie du Nord jusqu’aux Grands Lacs! Ce qui fait la particularité des érables au Québec, c’est que les conditions climatiques particulières de nos printemps, où les journées douces sont suivies de gel la nuit, favorisent la montée de la sève sucrée et surtout, le phénomène de la coulée. On explique ce phénomène par le fait que les températures élevées du jour favorisent la transformation de l’amidon contenu dans les cellules de l’arbre en sucrose, à l’aide d’un enzyme appelé amylase. Cette présence de sucre créerait un appel d’eau et engendrerait une pression et, par là, un écoulement possible. C’est pour cette raison que les érables du sud des Etats-Unis ne fournissent pas d’eau d’érable, cette réaction ne pouvant avoir lieu, faute de gel.

Légende de NoKomis

« Une légende, rapportée par Maud Going dans Our Field and Forest Trees, attribue la découverte du sucre d’érable à NoKomis (la terre), grand-mère de Manabush, héros de nombreuses légendes indiennes.
NoKomis aurait été la première à percer des trous dans le tronc des érables et à en recueillir la sève. Mamabush, constatant que cette sève était un sirop prêt a manger, alla trouver sa grand-mère et lui dit : « Grand mère, il n’est pas bon que les hommes produisent du sucre si facilement. Si les hommes peuvent ainsi sans effort recueillir du sucre, ils ne tarderont pas à devenir paresseux. Il faut tâcher de les faire travailler. Avant qu’ils puissent déguster ce sirop exquis, ii serait bon que les hommes soient obligés de fendre du bois et de passer des nuits à surveiller la cuisson. »

II n’en dit pas plus long, mais, craignant que NoKomis ne fut indifférente à ses paroles et qu’elle n’omît de prendre des mesures pour empêcher les hommes de devenir paresseux, il grimpa au haut d’un érable avec un vaisseau rempli d’eau et en versa le contenu a l’interieur même de l’arbre, dissolvant ainsi le sucre qui se trouvait dans l’érable. » Cyrille Vaillancourt, L’industrie du sucre d’érable dans la province de Québec. »

(La Ferrée-Pinguet, 3 mars 1995)

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